100ème Anniv. de Verdun

Commémoration du 100ème anniversaire de la bataille de Verdun

                                                                  07/06/2016 - Lettre du président général à

MINISTERE D’ETAT A LA DEFENSE CHARGE DES ANCIENS COMBATTANTS

Monsieur Jean-Marc TODESCHINI  Ministre des Anciens Combattants et Victimes de Guerre

37, rue de Bellechasse

75007 PARIS

objet : cérémonie de Verdun

      Paris, le 7 juin 2016

      Monsieur le ministre,

     Je viens par ce courrier me faire l’interprète des médaillés militaires de la « société », que j’ai l’honneur de présider, au sujet des manifestations de la commémoration du centième anniversaire de la bataille de Verdun, le dimanche 29 mai 2016.

     J’aurais préféré vous faire part d’un conventionnel et très protocolaire ‘fort mécontentement’ quant à la manière dont ces cérémonies ont été inspirées. Malheureusement, je dois vous faire part d’un sentiment d’horreur, de répulsion, de profanation, d’insulte gravissime que les médaillés militaires ont ressenti en voyant cette horde d’enfants, labourer de leur course les sépultures de nos grands anciens dont la quasi-totalité sont des médaillés militaires.

     Une douleur profonde a étreint les membres de notre « société » dont beaucoup d’entre eux ont perdu un grand-père ou un arrière-grand-père au cours de cette effroyable bataille. Les pas de ces enfants foulaient aux pieds les restes de nos grands soldats et, ce faisant, les raisons et principes mêmes auxquelles ils croyaient et qui ont justifiés, à leurs yeux, comme aux nôtres, l’acceptation du sacrifice suprême au service de La Patrie, au service de la France, au service du peuple.

     Certes, il n’est pas question pour nous de reporter la faute sur cette jeunesse insouciante, laquelle dans sa grande majorité ne connaît pas son histoire, celle-ci n’étant plus enseignée ou très superficiellement.

                NON, c’est à vous, tous, représentants politiques sans distinctions de parties que la faute incombe ; uniquement à vous, c’est un affront fait à l’encontre de nos valeureux « POILUS ».

     Nous sommes des soldats dont la notion de politiquement correcte est totalement étrangère. Seule, les notions d’Amour du pays, de respect des sacrifices consentis, de Patrie, de drapeau pour que vive la Liberté et la France au service du peuple composent notre pain de vie.

     Les médaillés militaires ont la réputation d’être des gens calmes, réfléchis et mesurés dans leurs actions et qui n’interviennent que très rarement dans des cas très particuliers. Aujourd’hui, nous considérons, je dis bien ‘considérons’ que vous êtes collectivement responsable de cette débandade grotesque, cette honteuse mascarade qui n’honore ni ceux qui l’ont imaginée ni ceux qui l’ont autorisée, ni ceux qui y ont participé hormis les enfants qui ont exécuté sous encadrement cette inadmissible chorégraphie.

     Notre colère est immense, notre ressentiment est incommensurable et pèsera lourd, très lourd sur l’avenir. Souffrez, monsieur le Ministre, que je vous dise ces choses très calmement avec cette franchise qui caractérise les soldats et anciens combattants que nous sommes.

     Je sais qu’il n’y aura pas, de la part du gouvernement, un mot d’excuse. Je sais qu’aucun de vos mots ne pourra justifier, à nos yeux, cette ignominie. En revanche, je crains qu’au cours des prochaines cérémonies, lors du traditionnel remerciement des porte-drapeaux, certains ne se manifestent pour exprimer leur mécontentement auprès des représentants de l’Etat .Je ne donnerai aucune consigne sur ce point aux neuf cents structures qui composent notre « société », mais si telle mésaventure arrive à l’un de vos représentants, je resterai silencieux.

     J’imagine, monsieur le Ministre, que vraisemblablement vous rendrez compte de mon courrier au ministre de la Défense et au chef de l’État. Qu’ils soient persuadés que ces commémorations resteront une blessure profonde dans le cœur des médaillés militaires.

     Cela dit, vous avez bien compris, monsieur le Ministre que ces mots ne s’adressent pas à votre personne, mais aux fonctions que vous assumez.

     En vous remerciant d’avoir bien voulu prendre le temps de me lire, veuillez agréer, monsieur le Ministre, l’assurance de ma haute considération.

                  Jean-Paul Martin

                  Président Général

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